24 mars 2004

ÉCRASER LA DROITE IUDMPF-MÉDEF !


Quand tous les citoyens/citoyennes ont le droit de voter, les élections ont toujours des chances d'être des pièges à couillons. Et il y en a eu plusieurs cette fois-ci.
D'abord, naturellement la droite Médef. Après avoir supprimé toute possibilité de représentation des minorités, la régionalisation des scrutins était faite dans l'esprit des deux siècles passés : écraser les voix du monde du travail par celles des "régionaux", censés soumis aux notables, et zones de plus grande abstention de populations moins politisées. C'était ignorer le monde homogénéisé de ce temps. Ils se figuraient qu'en parlant de "réformes" tout en faisant des contre-réformes, ils réussiraient à tromper. Mais qui ? Ils se figuraient aussi que la "sécurité", qui avait apparemment bien marché en 2002, marcherait toujours.
Ils croient d'ailleurs toujours à leurs mythes et mystifications. Ne les avons-nous pas vus, le soir du 21 : dire : "On fera plus de réformes, et on les expliquera mieux." Le ruban revient à Mme Alliot-Marie, qui a dit : "Il y a encore des voitures qui brûlent !" Ça, au moins, c'était clair ! Cela voulait dire : On ne peut plus trouver un renfort de voix que du côté du FN. Au secours les chasseurs traditionnels et les vendeurs de tabac et billets de loterie ! Reportez vos voix sur nous. On vous promet que M. Sarkozy va multiplier les bavures selon vos vœux !"
Mais trêve de plaisanterie : la droite n'est pas complètement écrasée sur ce terrain des régions. Le deuxième tour doit l'achever.
Et à l'autre extrémité du champ, il y a les couillons de la LCR. Ils n'avaient pas compris — ce qui était pourtant facile à deviner — que ces élections seraient celles du vote utile, indispensable dans les conditions données, pour punir les fumiers !
Certes, dans une élection à deux tours, il était bon de se distinguer de la gauche plurielle qui nous avait mené au désastre du 21 avril. Mais en marquant bien que le second tour devait être celui de la défaite de toute la droite, donc le report des voix. Pas au nom d'une "discipline républicaine" (Sabado, dans Rouge), mais de la défaite de l'ennemi principal.
Dans l'espoir d'une addition des voix d'Arlette et des voix de Besancenot des présidentielles (qui n'avait pourtant pas eu lieu aux législatives), l'accord LO/LCR était un rêve de passer la barre des 10%. Mais le prix de ce rêve fut l'acceptation des conditions de LO qui, pour tout le monde, était perçues comme l'adoption du "bonnet blanc/blanc bonnet". Les explications embarrassées pour dire qu'il n'en était rien, et que c'était renvoyer au libre choix des électeurs et à leur conscience, oublient la manière dont Lénine, dans la Maladie infantile du communisme, a enseigné la manière pédagogique de se comporter en pareil cas : voter "pour" tout en dénonçant énergiquement et en prévenant des risques ! La LCR, en se refusant à une telle position forte, s'est privée de nombre de voix. Ceci ajouta au refus de LO par bien des électeurs de Besancenot (et sans doute du refus de la LCR par des électeurs d'Arlette). L'erreur tactique est devenue une erreur politique de première grandeur.
La minorité de la LCR sauve l'honneur, et espérons-le la mise, du trotskysme authentique. On n'a plus qu'à compter sur la conscience de ceux qui ont voté extrême-gauche. Heureusement, elle est élevée !