10 mars 2005

NON !

Le peuple d'Espagne n'a pas voté Oui !

76% de 42% d'électeurs cela fait 32% de "Oui".
Un référendum accéléré pour une Constitution dont 68% au moins d'une population n'en savait rien, voilà la démocratie dont les partisans du "Oui" se délectent! En France, Chirac-Hollande et leurs petits se précipitent pour essayer de parer le montée incessante du Non avant qu'une majorité ait pris conscience du mauvais coup qu'ils nous préparent.
Le dernier argument du couple droite/gauche-de-sa-majesté : cette constitution n'est "ni de gauche ni de droite". En un sens, c'est vrai : c'est la première constitution non-politique, mais économique, celle du droit du Capital, celle de la dictature de la Finance et des multinationales, plus la "protection" militaro-nucléaire de l'OTAN des Etats-Unis. Et inamendable puisque gravée dans le marbre de la Fin de l'Histoire.
Mais la précipitation des néo-libéraux et des social-libéraux a des chances d'échouer. Déjà, le gras-double Hollande a dû fuir, à Guéret, sous les huées des manifestants. Il en avait une pâle gueule sur F3 ! (Arte ne l'a pas montré), expliquant que la liquidation des services publics n'avait rien à voir avec la Constitution (Tiens donc! Surtout ne la lisez pas !), et que ce qu'il fallait, c'était "faire pression" sur son compère Raffarin pour qu'il cesse de supprimer des bureaux de postes ! Un grand politique ce Fromage ! Et digne de devenir un président de la République, capable de nous donner, en les imposant avec violence à Barroso, dix facteurs de plus, trois professeurs et quatre infirmières ! Et depuis, il se fâche, menace les socialistes partisans du Non ! des flammes de l'enfer de l'extrême gauche, aidé de son roquet Dray qui, en tant que renégat du trotskysme, jappe d'autant plus fort en défense du social-libéralisme.
Et le petit Naboléon Sarkozy ? Il ajoute quelque chose pour essayer de rallier les souverainistes : Il faut voter "oui" pour la France. On ne doit pas avoir, comme disait l'autre, la même "certaine idée de la France". C'est notre France de 93, de 48, de la Commune, de 36 et de 68 qui peut, qui doit dire Non à la nouvelle Sainte Alliance du Capital et de l'OTAN, et, comme en 89, montrer l'exemple et le chemin à l'Europe.

Continuons donc le combat !

Et pour celui-ci, voir, in fine, les formidables "papillons" de notre invité du jour, le Comité du Lot)

Bush et les otages
Bush et sa bande n'aiment pas les otages délivrés. Déjà, pour Malbrunot et Chesnot, il semble bien avoir tout fait pour empêcher la négociation avec les preneurs d'otages, et, à Fallouja, les marines ont "maltraité" (pour le moins) le guide irakien des deux otages français encore retenus, puis ont tardé à le libérer. Cette fois ils ont assassiné l'agent secret italien, libérateur de la journaliste Giuliana Sgrena, la manquant elle-même. Et cette fois, ce n'est pas pour emmerder cette sale France qui ne veut pas "aller-t'en-guerre", mais à l'encontre de leur grand ami Berlusconi qui fait la pâle gueule devant la foule qui exige le retrait des troupes italiennes du merdier iraquien.
Pourquoi cet acharnement contre les otages libérés ? Nos merdias font semblant de se perdre en conjectures. Tout simplement, chers amis, parce que ce n'est pas bon pour leur guerre, ces négociations derrière leur dos, avec des "terroristes". Les otages, ils doivent mourir pour la noble cause de Dieu et du Pétrole. Le petit Blair, il n'a pas négocié, lui, et à laissé mourir Margaret Hassan. Quel courage, il a eu le Blair sale! Il a même plus souffert qu'elle, voyez-vous ! Et ne faut-il pas des sacrifices, pour montrer à l'opinion publique que c'est des ordures, ces preneurs d'otages. Tandis que Berlusconi, lui, en trafiquant qu'il est par dessus tout, et qui a bien besoin de redorer son blason devant le peuple italien, il leur a filé du fric à ces salauds. Des salauds qui, et c'est très emmerdant, ne traitent pas trop mal leurs otages, compte tenu des dures conditions de la clandestinité, tandis que l'on humilie et torture toujours les otages des Yankees dans les prisons d'Iraq et de Guantanamo.
Mais ça a foiré la délivrance payée. Le maître yankee n'a pas toléré la méthode mafieuse. Tant pis pour l'allié ! Il s'en fout Bush ! Pauvre Berlusconi ! Cette leçon de chose, quel beau sujet de réflexion pour lui et les autres gouvernements lèche-bottes ! Berlusconi tombera comme Aznar est tombé


Haro sur le Dieudonné !

Les petits amis des lobbies islamistes et sionistes ne désarment pas. Mais, en ce moment, ils procèdent par petites touches de fiel dans leurs tonneaux de miel. Quand un Mouloud Aounit suggère que le blasphème doit être puni, peu de gens voient qu'il s'agit, en fait, d'interdire le droit à l'expression de l'athéisme, et même tout simplement de dire la vérité sur les mythes et l'histoire des religions. En somme, comme ce qui vient d'arriver en Grèce, où le dessinateur autrichien Gerhard Haderer a été condamné à six mois de prison pour "offense aux mœurs", pour avoir représenté un Jésus qui provoque des miracles par hasard et entretient son auréole en sniffant de l'encens. Comme, il y a quelques mois, en Pologne, nouvel Etat de notre Europe ni gauche-ni droite, Jerzy Urban, condamné à une amende de 4900 euros, simplement pour avoir traité le pape de "vieillard déclinant" et de "divinité sénile". Oui ! Rien que pour ça!
Pourtant, si on a passé l'âge de croire encore aux mythes primitifs de toutes ces religions, on n'y trouve, au-delà d'une certaine poésie pour certains, que des absurdités, plus de l'idéologie réactionnaire. Quant à leur histoire, à toutes ces religions, ce n'est que violences et persécutions contre les autres, et tout ce qui les nie. Si l'enseignement laïque doit enseigner "le fait religieux", c'est cela et pas autre chose qu'il doit donner pour éclairer les jeunes esprits.
La perte de tout sens de classe conduit aujourd'hui des gens de gauche à un dualisme/campiste selon lequel "l'ennemi de mon ennemi est mon ami", et à pactiser avec les islamistes. Or l'Islam ne se distingue par aucun "progrès" par rapport aux autres religions. Et le respect à la culture de l'Autre ne peut aller contre les droits humains. Si, au nom de la culture différente, on accepte les règles d'oppression de la femme du Coran, on acceptera les meurtres d'honneur et l'excision de l'Islam africain.
Cette culture arriérée n'a rien à voir avec la juste cause politique du peuple palestinien, voire iraquien (quoique celle-ci soit compromise par le jeu du Zarkaoui, second de Ben Laden). Quant au terrorisme, s'il n'est pas question, pour de vrais marxistes, de le justifier, mais au contraire de le réprouver pour son aveuglement et... en tant qu'il est contre-productif, il faut également être noyé dans l'aveuglement idéologique pour ne pas voir que le terrorisme d'Etat — et aujourd'hui particulièrement celui des Etats-Unis et d'Israël — est dix fois pire que celui des peuples envahis par un colonialisme féroce.
S'il y a dérive simpliste d'ultra-gauchistes pour qui, pourvu qu'on lutte contre les impérialistes, peu importe les moyens : la dérive inverse ne vaut pas mieux, qui entraîne aussi des gens de gauche, mais là dans le camp de la droite impérialiste.
Là, le ton a été donné par l'écrivain chrétien Jean-Christophe Rufin, classant, dans un rapport pour le ministère de l'Intérieur, l'"anti-sionisme radical" comme antisémitisme. Qui décidera qu'un anti-sionisme est "radical" ? Bien sûr, les pro-sionistes eux-mêmes ! Et nous savons depuis belle lurette que, pour le sharognards, tout anti-sionisme est radical. Le dernier numéro du journal internet ResPublica 1792 ne vient-il pas de reproduire un article de Marianne où un amalgame fielleux assimile "fedayins" algériens (donc du GIA, dont les meurtres horribles n'ont jamais été explicités, sans compter qu'un certain nombre ont été le fait de l'armée algérienne elle-même) et palestiniens qui "attaquent" Israël ! Nous, antisionistes tout court, nous croyions jusqu'ici naïvement que c'était Israël qui attaquait et occupait la Palestine et répondait aux attentats-suicides des résistants palestiniens en tuant à chaque fois trois fois plus de Palestiniens qu'il n'y avait eu de morts israéliens (avec autant de femmes et d'enfants des deux côtés, mais d'un seul côté seulement la destruction de quartiers entiers de la part de l'armée israélienne). Mais voilà ! Dire ces vérités, c'est de l'antisémitisme !
La pire saloperie du sionisme israélien, c'est de couvrir sa sale guerre coloniale du linceul du génocide hitlérien des juifs d'Europe. Et cette saloperie est acceptée et couverte par toutes les gouvernements bourgeois du monde, ainsi que par leur valetaille social-démocrate. Pour faire passer leur profond accord social et politique avec Israël, ils nous servent une bouillie de culture d'une mauvaise conscience "nationale" avec un racisme anti-arabe anti-immigrés latent. Le haut moment de cette escroquerie a été atteint avec la célébration du soixantenaire de la "libération" du camp d'Auschwitz (comme nous l'avons vu dans notre dernier numéro). Tout a été fait pour fondre souvenir-condamnation du génocide et cause d'Israël. On comprend que cela ait donné des boutons aux fils et petits fils des victimes de massacres coloniaux, voire descendants de la traite négrière. D'autant que si, en Israël, il n'y a qu'une toute petite minorité de parents et descendants des victimes du grand génocide, nos compatriotes antillais et d'origine africaine sont tous fils et petits-fils de victimes du colonialisme et, en deçà de l'esclavagisme. Certes, esclavage et colonialisme n'étaient pas des génocides (comme Fadela l'a fait remarquer), mais c'est que ces pratiques n'avaient pas pour but de s'emparer des terres occupées en chassant et détruisant les populations (comme la colonisation israélienne de la Palestine), mais seulement de faire marner leurs populations comme du bétail, toutefois à haut prix humain. Et nos compatriotes plus ou moins colorés n'en aurait sans doute gardé qu'un souvenir historique, comme nous, à peau blanche, gardons le souvenir de nos ancêtres "pieds nus", "jacques" et autres croquants, massacrés par la soldatesque de nos grands rois, si, eux, ne connaissaient pas en masse, et aujourd'hui, les humiliations quotidiennes, les exclusions, et… les bavures !


Cela est à la source du "scandale Dieudonné" :
"Ce pelé, ce galeux, d'où venait tout le mal."

Ce qu'il aurait dit était si "hénaurme" que cela fit l'objet de la première page du Monde et de celle dessinée de Charlie-hebdo. Toute la presse a été unanime à condamner le chanteur humoriste. Voyez-vous, il aurait dit que "célébrer la Shoah était une pornographie mémorielle". C'est horrible ! Oui ! mais voilà, ceux qui ont pu lire ce qu'il avait vraiment dit, ont lu que cela ne touchait pas à la célébration elle-même, mais à l'usage que l'on en a fait. En termes violents, brutaux, ce que nous avons nous mêmes expliqué, à savoir : le terrorisme moral avec lequel on se sert du plus terrible génocide de l'histoire humaine pour couvrir et justifier la politique génocidaire d'Israël.
Nous voilà démasqués ! le vrai scandale, c'est qu'il est interdit de comparer le génocide hitlérien des juifs d'Europe à n'importe quel autre génocide. Il y a là un cas extrême, particulier, incomparable à tout autre. On lui a même trouvé des noms particuliers : Holocauste, Shoah (que d'ailleurs des juifs viennent de dénoncer comme des non-sens). Des théoriciens de gauche ont même eu leur part importante dans la justification de cette exceptionnalité, sans s'apercevoir qu'il couvraient ainsi ses caractères politiques et idéologiques, et du même coup permettaient de minimiser tous les autres, en particulier ceux qui ont lieu... sous nos yeux. Le fascisme-nazisme est en effet une extrémité. Ce n'est pas "le Mal" (métaphysique), c'est l'expression du capitalisme à son extrémité de pourrissement. Et si la Guerre mondiale a permis le plus effroyable génocide de tous les temps, d'une part, il y en aura d'aussi grands si la barbarie capitaliste l'emporte dans la lutte actuelle, et d'autre part l'expression actuelle de cette barbarie, telle qu'elle se manifeste en Palestine de la part d'Israël, et en Irak de la part des USA, peut être, non pas donnée comme identique à celle de Hitler, mais à bon droit comme de même nature : à la fois raciste, idéologique et sadique.
Revenons à Dieudonné. Certes, c'est un âne, comme celui de la fable, un analphabète politique qui en arrive à croire que Gollnisch est un persécuté et dans le même camp que lui, ignorant que, pour un Gollnisch, il est un être de race inférieure qui devrait être dans sa colonie, travailleur forcé, ne pouvant plus être esclave.
Ceci dit, il est étonnant que l'on fasse un tel foin pour les propos d'un chanteur, alors que l'on minimise une comparaison encore plus scandaleuse d'un autre individu, il est vrai aussi analphabète politique, mais omniprésent sur nos écrans, le pape Jean-Paul II, ce responsable au premier degré des millions de morts du sida en Afrique, et qui publie un livre, tiré à des dizaines, voire des centaines de milliers d'exemplaires, où le droit des femmes à disposer de leur corps par la contraception est comparé et mis sur le même plan de barbarie que… le génocide hitlérien !
Pas de première page du Monde, pas de concert de protestations, pas de sanction (qui devrait être l'interdiction de vente de ce Mein Kampf) pour la peste répandu sur des millions de fidèles par ce vieil abruti.
Mais voilà que j'ajoute le "blasphème" à mon anti-sionisme radical et à mon anti-islamisme tout aussi radical ! Quelle chance pour moi que je ne sois pas en Pologne ou en Grèce, et que ne soit pas votée la Constitution qui se propose d'étendre à tous les pays européens le "respect" des religions avec la punition des blasphèmes qui le garantit.


Nous voici revenus à la nécessité du vote : NON !
Et à donner la parole à nos invités :

LES PAPILLONS POUR ÉPINGLER LA "CONSTITUTION"

en cliquant sur chaque papillon, vous pourrez voir l'article de la constitution de référence...

1- L'économie

2- L'emploi

3- Les Services

4- La mondialisation

5- Le doute