4 avril 2007

Ce qui nous attend
si c'était… Sarkozy 

Même les siens, voilà comme il les traite dès maintenant, s'y voyant déjà !
 
Communiqué de la Société des journalistes France 3

  • Nicolas Sarkozy se verrait-il déjà à l’Élysée ?

    Encore une nouvelle proposition. Sarkozy veut la résurrection de l’ORTF.

    Nicolas Sarkozy se verrait-il déjà à l’Élysée ?

    Trépigne-t-il déjà en s’imaginant bientôt disposer des pleins pouvoirs ?

    Sans doute grisé par les sondages qui le placent en tête du premier tour, le candidat UMP s’est récemment laissé aller à une petite crise d’autorité dans les locaux de France 3. Une sorte de caprice régalien que l’on croyait appartenir à d’autres temps, ceux de la vénérable ORTF

    M. Sarkozy a en effet menacé de “virer” notre direction. Comme ça, sur un coup de tête. Parce qu’elle n’a pas daigné lui dérouler le tapis rouge et accourir immédiatement à sa rencontre lorsqu’il est venu, le 18 mars dernier, participer à l’émission France Europe Express, présentée par Christine Ockrent.

    À peine arrivé, Monsieur le Ministre-candidat se laisse d’abord aller à quelques grossièretés, estimant que cette émission “l’emmerde” et qu’il n’a pas envie de la faire !

    Ensuite, le voici vexé de devoir attendre dans les couloirs de France 3 pour être maquillé, d’autres invités occupant déjà les lieux (et oui, France 3 ne dispose que d’une salle de maquillage). Coupable de ce “crime de lèse-Sarkozy”, voici notre direction sur la sellette. “Toute cette direction, il faut la virer”, a lâché le candidat UMP, comme le rapporte le Canard Enchaîné du 21 mars 2007. “Je ne peux pas le faire maintenant. Mais ils ne perdent rien pour attendre. Ça ne va pas tarder”.

    Les Français sont désormais prévenus ! L’une des priorités de Nicolas Sarkozy s’il est élu président de la République sera de couper des têtes à France 3. À la trappe ces directeurs qui tardent à exécuter les courbettes.

    Le Ministre-candidat avait déjà habitué notre rédaction à ses poses agacées, à ses humeurs dans nos locaux, face à une rédaction qui ne lui semble manifestement pas suffisamment docile. Comme cette récente provocation gratuite à l’adresse d’un journaliste du service politique “ça ne doit pas être facile de me suivre quand on est journaliste de gauche !”. Désormais, c’est à la direction qu’il veut s’en prendre ?

    La Société des Journalistes de la Rédaction Nationale de France 3 ne peut qu’être scandalisée par une telle attitude de la part d’un candidat à la plus haute magistrature de France. Nous nous inquiétons que M. Sarkozy puisse afficher sans aucune gêne un tel mépris pour l’indépendance des chaînes de service public.

    Non, monsieur Sarkozy, les journalistes de la Rédaction nationale de France 3 ne sont pas et ne seront jamais vos valets. Ils résisteront à toute menace pesant sur leur indépendance. Si nous devons des comptes, ce n’est pas à un ministre-candidat, mais aux millions de téléspectateurs, qui regardent chaque jour nos journaux d’information.

    Par respect pour eux, pour leur intelligence, nous n’accepterons jamais aucune forme de mise sous tutelle politique. Ni de votre part, ni de la part d’aucun autre candidat.

    À bon entendeur.

    La Société des Journalistes de France 3. Le 23 mars 2007.


S'il prend les journalistes de France 3 pour des gens de gauche, comment traitera-t-il le citoyen (ne) de gauche lambda travailleur/travailleuse, ou chômeur/chômeuse, sachant déjà par ailleurs que pour les gosses des banlieues, ce sera le karcher ?


Vous en aurez une idée, sachant comment s'est comporté son ami Tony Blair, en lisant :

Quelque chose de pourri au Royaume-Uni

Libéralisme et terrorisme

de Tariq Ali

Raisons d'agir éditions - 6 E

 


Mais en revanche, si c'était :

Ségolène Royal

 

Ça risque d'être ça :

Face aux patrons, dans Challenges du 29 mars, hebdo des affaires du groupe Perdriel (Nouvel Obs. etc. Porte-drapeau du social libéralisme) révèle son vrai programme.

L’éditorial : le tabou d’une femme libre, de Vincent Beaufils, mérite d’être lu attentivement :

 “ C’est un mot, juste un mot que Ségolène Royal n’a pas voulu prononcer en dialoguant avec les huit patrons réunis le 21 mars... ce mot qui écorche ses lèvres, c’est sociale démocratie....Un mot qui manque également dans son livre d’entretien Maintenant. Pourquoi faut-il attendre la page 248 pour qu’elle déclare “ le socialisme français doit être dépoussiéré et actualisé"

[…] “ Au fond elle est bien là, la différence entre Tony Blair et Ségolène Royal : le premier a voulu changer son parti avant de convaincre l’opinion. La candidate du PS veut faire le chemin inverse. Sans le dire. ”

 

Dit clairement : Patrons rassurez-vous une fois Ségolène Royal élue, elle va créer un grand parti de la majorité présidentielle qui ira du centre droit jusqu’au PS et fera les réformes douloureuses mais nécessaires : droit du travail, retraite, éducation, immigration, sécurité : l’ordre juste.

Ségolène Royal face aux patrons, p 56 " Il n'y aura pas d’arnaque sur le produit" disait-elle, il y a un an à Challenges, lorsqu’elle n’était qu’une candidate possible du PS. “ Je ne chercherai pas à jouer les gauchistes pour avoir les voix du parti" Sur ce point au moins elle tient parole. Le dialogue avec les patrons : " Je dis aux entreprises : faites des profits, il n’y a pas de honte à faire des bénéfices. Il faut sortir de cette idéologie punitive du profit. Je vous le dis à vous patrons : faites autant de bénéfices que vous voulez, mais garantissez nous en contrepartie un dialogue social de qualité"

Soit Ségolène Royal ne connaît pas le monde des multinationales et des affaires, soit elle fait semblant, car chacun sait que les profits ou bénéfices, le résultat net en termes comptables, c’est ce qui reste une fois toutes les dépenses payées : salaires, achats, impôts.

Alors que la part des salaires a baissé de 10 à 15% au cours des 15 dernières  années dans le PIB, que l’impôt sur les sociétés n’a jamais été aussi faible, que les exonérations de cotisations sociales n’ont jamais été aussi importantes, les salaires aussi bas, permettant un rendement du capital de 15% ou plus, comment et par quel miracle résultant de quel dialogue social, les patrons du CAC 40 accepteront de réduire leurs profits, sachant qu’ils doivent faire 15% après impôts pour satisfaire les marchés financiers (fonds de pension, d’investissements, dirigeants actionnaires, et gros actionnaires.)

Que dit Ségolène sur ce système, sur ce fonctionnement, sur la pression exercée sur les PME sous traitantes ? Sur les licenciements  boursiers ? la politique des bas salaires ? Le dialogue social, il existait en Grande-Bretagne  où les TUC étaient puissants, il existe en Allemagne où le DGB représente plus de 20% des salariés, il a été affaibli par les politiques sociales libérales de Tony Blair et Gerhard Schroeder, conduisant à l’affaiblissement du SPD et du DGB, mais heureusement à la création du Linkspartei, alors qu’en Grande Bretagne le parti travailliste est déconsidéré pour des années, ayant rompu ses attaches avec les TUC et le monde du travail, la gauche est en lambeaux.

Que fera Ségolène Royal, une fois élue, du Tony Blair et du G.Schroeder des réformes libérales, une politique de droite, que la droite n’arrive pas à faire accepter par les salariés.. Voilà pourquoi socialiste  militant je ne vois pas comment nous pouvons soutenir au premier tour Ségolène Royal.
Voulons nous voir le parti socialiste disparaître comme la SFIO il y a 50 ans ?

Que propose Ségolène Royal fasse à l’emprise de l’Empire anglo-saxon sur l’Europe, sur le monde ? Quelle Europe propose t elle ? Une Europe de l’Atlantique à l’Oural indépendante  ou l’Europe de la Commission, de l’OTAN et l’Empire.

Entre Bayrou, le centriste  sans parti structuré,  et Ségolène Royal nous choisissons la gauche antilibérale.  Car rien n’est pire que quelqu’un  qui se prétend de gauche pour faire une politique de droite, pour décrédibiliser le socialisme et la politique, cela donnera le système américain ou britannique où nos électeurs naturels  n’iront plus voter. C’est le retour du suffrage censitaire  sans le dire. La dérive sociale libérale avec Ségolène Royal va nous conduire à la disparition du PS pour former un parti démocrate, le parti présidentiel !

On décrédibilise la politique, les débats d’idées et les programmes cohérents, pour faire de la politique spectacle et tromper les électeurs, nos électeurs, et permettre la survie de l’hypercapitalisme. Cela nous ne l’acceptons pas. La politique  pour redevenir crédible  doit renoncer au mensonge, au cynisme, à la tromperie.

Au premier tour nous choisissons José Bové. Au deuxième tour tout sauf Sarkozy.

Jean Bachélerie - "Socialistes pour une autre politique"

 

       Pour confirmer ce  que ce dit ci-dessus  ce "socialiste avec Bové", Le Monde  nous nous apprenait dans son numéro du 1er/2 avril, l' Appel  sous formes de textes publiés par le Point,des  socialistes  Gracques (oui, ils ont pris ce nom historique et héroïque, pour leur politique de "craques"). Messieurs et dames inconnus du petit monde que nous sommes,, mais qui sont les éminences grises de tous les anciens cabinets et hauts postes socialistes des gouvernements défunts, tous recasés  actuellement dans la banque et les grandes affaires, comme dit Le Monde : "la fine fleur de ce qui fut la technocratie socialiste des vingt dernières années.".   Ces autorités n'y vont pas par quatre chemins, ils expliquent comment aller, et en vitesse, vers une vraie gauche réaliste, libérale et européenne : par l'alliance  avec l'UDF. C'est dès maintenant nécessaire (d'où leur sortie de l'ombre) pour battre Sarkozy. Certes, il ne sont pas tous d'accord. certains veulent rejoindre Bayrou tout de suite, un autre explique sa pureté socialiste : "Je suis socialiste et je voterai Ségolène Royal. Mais le temps est venu que le PS fasse sa mue idéologique et accepte l'économie de marché. Ségolène a d'ailleurs gagné la bataille interne sur une tonalité  blairiste. Pourquoi l'a-t-elle oublié ?

 On comprend que la Ségolène  reçoive ce "soutien" avec peu de satisfaction, au moment où elle s'efforce de rassurer à gauche. Si  Rocard et Strauss -Kahn sont du côté de ces zigotos, Fabius et les siens les dénoncent avec les mots justes : "Les Gracques ? ce sont plutôt les Gracques 40". Le mot est joli. Et : "les enfants du tournant de la rigueur et de Maastricht. Ils cherchent d'abord la validation de leur acceptation de la contrainte économique."

 

 S'il y a, malheureusement des chances que nous soyons obligés de voter Ségolène au second tour, il n'en est pas moins clair que le seul vote utile au premier, pour éviter que son élection ne soit celui des "Gracques 40", c'est seulement de réaliser  un bon score à la candidature Bové, et de dresser ensuite  dans les autres scutins une forte opposition de gauche antilibérale.



Le Journal intempestif est heureux
de vous rappeler la parution de


LE TROTSKISME
UNE HISTOIRE SANS FARD

De son rédacteur
Michel Lequenne
Editions Syllepse - 24 Euros