18 mai 2007

Suite de l'analyse
des causes de l'échec
du 6 mai

Le parti socialiste 

On n'est jamais si bien servi que par soi-même ! C'est Alexis Dalem, rien de moins que le co-rédacteur de la Revue socialiste, qui, dès le 10 mai, dans Le Monde, explique parfaitement comment fut perdue une cause imperdable ! Il rappelle avoir prévu dès le 25 août 2006 que " Si elle [Ségolène Royal] était désignée, sa défaite serait presque assurée."  Et cela, non à cause de sa personne mais "de ses choix politiques", sa "droitisation des thématiques — ordre, sécurité, drapeau —, ce qui revenait à remettre au cœur du débat des thèmes favorables à la droite. […] Elle a délaissé les thèmes économiques et sociaux, l'enjeu européen et la mondialisation, alors qu'ils constituent la clef pour l'avenir. […] Elle a opéré un déplacement vers le centre confirmé par l'offre d'alliance faite à François Bayrou."  Ce faisant, elle a laissé Sarkozy — paradoxe ! — "se présenter comme le candidat de la protection contre "les désordres du libéralisme" et du changement !

Toutefois Alexis Dalem a-t-il raison de dire que : Tout autre candidat aurait probablement fait mieux qu'elle" ?  Lequel ? Naturellement pas Kouchner qui vient de se précipiter à la soupe de Sarkozy ! Ou Rocard qui aurait pu faire pareil. Strauss-Kahn ? Ne plaisantons pas ! Dalem pense probablement à Fabius. Sans doute ! Mais le problème est-il bien celui du candidat ou de la candidate ? C'est faire l'impasse sur ce qu'est devenu le Parti socialiste, dans sa masse, ses dirigeants, sa nouvelle base !

La désignation de Ségolène comme candidate, et l'hésitation entre elle et Strauss-Kahn est la manifestation de son évolution — tardive, mais irréversible — vers le rapprochement/assimilation à l'ensemble de ce qu'est devenue la social-démocratie, celles de Schröder (allié à Merkel) et Blair (dont les démonstrations d'amitié à Sarkozy excusent d'avance Kouchner !) : la transformation en parti démocrate !

De ce point de vue, l'alliance avec Bayrou était (est) parfaitement logique. On peut même dire que celui-ci a seulement pris le PS de court, et que, sans leur fusion, ils ne vont que se gêner l'un l'autre dans leur rôle de second couteau du libéralisme.

La crise actuellement contenue ne pourra qu'éclater à plus ou moins long terme. Qui aura le courage de la rupture à gauche qu'a eu en Allemagne Lafontaine ? Combien de défaites y faudra-t-il encore ?

Il est vrai qu'on ne peut guère attendre du Parti communiste qu'il y aide, comme nous le verrons demain.

 

Débuts sarkoziens

 

Dès le soir du 6 mai, la victoire de son chef a libéré la police. Elle s'est précipitée dès avant 22 heures à Aulnay-sous-Bois pour se venger de ses problèmes" de 2005 et d'octobre 2006 avec cette ville. Sans la moindre provocation, elle a surgi, matraquant et plaquant au sol des habitants tranquilles qui se trouvaient là, tirant au flash-balls, provoquant en retour le caillassage prévisible qui permit l'arrivé des CRS en attente. Ceux-ci s'en prirent à la foule, dont des animateurs qui tentaient d'apaiser les esprits. Tout cela aurait pu être mis au compte de la racaille si l'imprévu n'avait pas été la présence d'un journaliste et d'un photographe du Monde venus s'enquérir des réactions des habitants sur la victoire de Sarkozy.

Cette preuve de la nocivité de la presse pour le nouveau régime a été confirmée par la méchanceté d'un petit journaliste du Journal du dimanche, pourtant propriété de M. Lagardère (aussi ami de Sarkozy que M. Bolloré lui-même), et qui avait osé révéler que Mme la bientôt Présidente n'avait pas voté le 6 mai. Heureusement M. Espérandieu (le bien nommé), directeur du canard, averti (par qui ? comment ?), mais bien entendu sans aucune pression sur lui, fit enlever ce papier scandaleux de ses colonnes. Espérons que les journalistes se le tiendront pour dit et se souviendront des promesses de dressage adressées à ceux de France 3 par celui qui n'était pas encore Président de la République. Espérons aussi que des gens sûrs seront bien placés à tous les niveaux de tous les merdias, comme déjà Mme Borloo à France 2.

Le bonheur est grand au Medef comme chez tous les Eurocrates. On y attend avec impatience, mais tranquillité que soit lavée la honte du rejet par la France de la Constitution libérale de l'Europe. Elle va ressortir toute vive de son cercueil pour être adoptée sans cette chienlit de Référendum. Et déjà on nous informe que le Bolkenstein, lui aussi tout ragaillardi, se ramène avec son projet de libre concurrence des bas salaires de l'Est avec les trop hauts nôtres !


Nouvelles du monde à l'envers

Sainte Église : Jaloux de Jean-Paul Sida, le nouveau pape Benoît XVI (à qui on ne fait pas un crime d'avoir été des Jeunesses hitlériennes, comme il est de mode de le faire à ceux qui ont été membres du Parti communiste en Pologne sous l'occupation de l'URSS), est allé au Brésil pour empêcher les salopes de gamines et les mères de familles nombreuses d'avorter. Que deviendrait le catholicisme sans pauvres ? Et en plus, qu'est-ce que c'est que ces façons de danser dans les églises et de chanter comme les Nègres des sectes protestantes ? Difficile tout de même de demander à la fois la chasteté et aucun défoulement ! Parions que les dégâts qu'aura réussi à faire l'ex-petit nazi seront limités !



Le Journal intempestif est heureux
de vous rappeler la parution de


LE TROTSKISME
UNE HISTOIRE SANS FARD

De son rédacteur
Michel Lequenne
Editions Syllepse - 24 Euros